Dominique de Villepin, président de République Solidaire, était l’invité de Jean-Michel Apathie sur RTL mardi matin. Voici la [...]
« En ce qui concerne l’avant-projet de loi [note : de réforme de la procédure pénale], deux points m’inquiètent particulièrement. En premier lieu, le statut du juge d’instruction. On peut évoquer sa suppression, et la création d’un juge des enquêtes et des libertés (JEL). Mais cela ne m’apparaît pas satisfaisant, tant que l’on a pas réglé la question de l’indépendance du parquet vis-à-vis de la Chancellerie. Depuis des années, je plaide pour une rupture totale des liens unissant le pouvoir politique au Parquet, afin d’avoir une justice totalement indépendante et répondant au niveau d’exigence de nos partenaires européens. Deuxièmement, je m’inquiète de la situation des gardes à vue dans notre pays. Nous devons être irréprochables, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. A ce propos, je plaide pour la présence de l’avocat tout au long de la garde à vue. »
(Métro, 05/03/10)
« En ce qui concerne les gardes à vue, on voit qu’en France, nous avons été sans doute beaucoup trop loin : 800.000 gardes à vue par an, dont 100.000 qui sont de plus de 24 heures. Quand on compare à la situation en Allemagne, on voit le décalage : 60.000 gardes à vue en moyenne. Je pense que la garde à vue doit être utilisée pour des besoins spécifiques, quand il y a des délits particulièrement graves, et il faut encadrer cette garde à vue, de telle façon que la protection des libertés puisse être satisfaisante (…). [Il faut] faire en sorte que la garde à vue ne puisse pas durer excessivement et (…) puisse s’accompagner d’une protection juridique, et notamment de la présence d’un avocat dès [son] début. C’est une règle quasi générale dans les pays européens. »
(Club Villepin, 22/02/10)
« Nous avons un système pénitentiaire qui est un système punitif (…). Il y a de fortes chances que [les personnes incarcérées] en sortent moins bonnes qu’[elles] n’en sont rentrées. Si nous voulons inverser cette logique, il faut faire en sorte que la prison puisse jouer son rôle d’éducation, de reconversion, de nouvelle chance, de soin. [Passons] à un système de réhabilitation. »
(Club Villepin, 02/10/2009)
« Nous devons croire à la justice de notre pays (…), c’est un des fondements de notre vie démocratique et de notre vie républicaine. Nous n’avons pas le droit de baisser les bras devant quelque difficulté que ce soit, y compris si au cours des dernières années, quelques scandales ont pu agité la justice. La justice, c’est un bien précieux et fragile, qui demande l’engagement de tous, de tous les pouvoirs, de tous les citoyens. »
(Club Villepin, 25/09/09)