Interview dans l’Express
Climat social Au printemps, vous déclariez: « Il y a un risque révolutionnaire en France. » Le climat social des derniers mois et le résultat des européennes ne vous ont-ils pas démenti? Le climat social est loin d’être apaisé, les nombreux conflits le montrent. Une détérioration est d’autant plus à craindre que nous allons faire face à une nouvelle hausse du chômage. Nous devons rester vigilants, y compris sur la crise financière. L’économie mondiale est aujourd’hui sous perfusion des gouvernements et des banques centrales. La guérison n’est pas acquise pour autant, car des incertitudes demeurent : encours de cartes de crédit aux Etats-Unis, risque de bulles spéculatives en Chine ou, chez nous, baisse accentuée de l’investissement. De même, ne sous-estimons pas le malaise français, qui touche à la fois la politique, la société et l’Etat. La confusion est aggravée par les dérives de l’hyperprésidence, où une réforme chasse l’autre, dans l’urgence et sous le coup de l’émotion. Mais avec quelle vision d’ensemble et pour quels résultats ? Ainsi, on a raison de poser la question des bonus, mais ne négligeons pas les deux questions centrales de la répartition des richesses, entre le capital et le travail, et la panne du crédit aux entreprises comme aux particuliers. Vous évoquez des « dérives ». Des exemples? Ce qui m’inquiète, c’est la fragilisation de notre modèle républicain. Notre idéal d’une république fraternelle, unie et indivisible ne doit pas céder la place à un système politique fondé sur les divisions, les rapports de force et les intérêts particuliers. Je suis frappé par la récurrence d’un raisonnement à la fois simplificateur et moralisateur, qui consiste à opposer en permanence les bons et les méchants et à faire de la stigmatisation et de la punition les axiomes de la vie publique. C’est une vision où l’autre – le chômeur, l’immigré, le fonctionnaire, l’adolescent qui télécharge des films – est suspect a priori. Quelles répercussions voyez-vous sur la société française? Cette suspicion crée des fractures profondes et sans doute durables en son sein. Face aux injustices entre individus et entre générations, on oscille entre révolte et indifférence, au profit d’un sauve-qui-peut individuel. Or nous avons besoin d’une morale collective et d’un partage équitable. Quand Nicolas Sarkozy préconisait son « Travailler plus pour gagner plus », il négligeait ces exigences. Le défi, désormais, est davantage de travailler tous pour vivre mieux. Environnement Sur l’environnement, avant le sommet de Copenhague, comme sur la crise financière avant le sommet de Pittsburgh, Nicolas Sarkozy veut que la France s’érige en modèle pour les autres pays. Approuvez-vous sa stratégie? Que la France doive avoir un rôle d’initiative, j’en suis convaincu. Nous avons besoin d’entraîner, ce qui suppose un effort constant d’explication, de pédagogie et de concertation, en particulier avec nos principaux partenaires européens, à commencer par l’Allemagne. L’exigence d’efficacité commande d’éviter l’isolement ou la rupture. Afghanistan Les Etats-Unis ont-ils raison de renforcer leur présence militaire en Afghanistan? La politique américaine en Afghanistan est dans l’impasse, et nous n’avons pas suffisamment joué notre rôle en renonçant à une révision stratégique profonde. J’avais insisté auprès de Jacques Chirac, avant la fin de sa présidence, pour que nous amorcions un désengagement de nos troupes, en particulier des Forces spéciales. Il faut d’urgence envoyer un signal fort: une stratégie de coopération économique et sociale ambitieuse sur le terrain, assortie d’un calendrier de retrait pour montrer que notre visée n’est pas militaire. Présidentielle 2012 Qu’est-ce qui vous incitera à être, ou pas, candidat à la présidentielle de 2012? Tout cela est prématuré. Je suis résolument engagé au service de la France. J’ai la conviction que l’élection présidentielle marque un rendez-vous entre un homme et un peuple, au-delà des clivages partisans et des intérêts personnels. 2 commentaires sur “Interview dans l’Express”Laisser une réponse |
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Enfin, voilà LE site ! J’en espère beaucoup d’éclaircissements, car les insinuations et rumeurs, mélangées adroitement aux infos, font leur travail de méfiance… Depuis le jour où, pour lui manifester ma joie et ma fierté après l’ovation de l’ONU, j’avais écrit au ministre des Affaires Etrangères: « surtout n ‘acceptez jamais d’être 1° ministre: ils vous casseront les reins », l’inquiétude n’a plus cessé . Désormais, et grâce au jugement prochain, nous allons respirer à nouveau un air plus sain. Espérons qu’un jour reviendra où la politique étrangère de la France reprendra son caractère privilégié, sa voix vigoureuse, même si elle se retrouve minoritaire pour un temps. Cultivons toujours et encore « L’ESPRIT DE L’ILE DE SEIN » !
problème , »ils » sont tous engagé au service de la france…jusqu’au jour ou « ils » sont élus ! c’est aprés que les choses changent ; « ils » font tous des promesses qu’ils sont incapables de tenir mais bon quand je vois l’actuel président et les résultats de sa politique je me dis qu’au point ou en est ce pays , si devillepin se présentait en 2012 ce ne serait peut être pas le pire ; je m’intérresse malgrés tout à ce qu’il dit et j’espère comme j’ai espéré en sarkozy qui lui nous a bien eu…