Dominique de Villepin sur RTL le 24/08/2010
Dominique de Villepin, président de République Solidaire, était l’invité de Jean-Michel Apathie sur RTL mardi matin. Voici la vidéo et le verbatim de son interview.
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Dominique de Villepin. Dominique de Villepin : Bonjour. Vous signez dans le journal « Le Monde », daté d’aujourd’hui, une tribune très violente contre Nicolas Sarkozy. C’est le discours prononcé par le Président de la République à Grenoble, le 30 juillet dernier, qui vous en fournit l’occasion dans ce discours consacré à la lutte contre l’insécurité. Le Président de la République proposait notamment « de retirer la nationalité française à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme ». Vous évoquez dans votre tribune – la citation est celle-ci : « Une tache de honte sur le drapeau ». « Il aura suffi, écrivez-vous, d’un discours à Grenoble pour que tout bascule dans l’indignité nationale ». Assumez-vous, ce matin, Dominique de Villepin, au micro d’RTL, votre rupture avec Nicolas Sarkozy ? J’assume ma tribune, j’assume mes mots, je laisse la rupture à Nicolas Sarkozy. C’est une rupture. Il y a trois questions. C’est vous qui la provoquez en qualifiant ainsi le discours de Nicolas Sarkozy. La rupture, ce sont les mots de Nicolas Sarkozy, ce ne sont pas mes mots. Je veux, au contraire, le rassemblement de tous les Français dans un moment difficile pour notre pays ; et je me suis posé trois questions avant d’écrire cette tribune. Première question : est-ce que cette politique qui est menée de surenchère sécuritaire est digne ? Il suffit d’écouter les voix au sein du comité de l’ONU, d’écouter les voix de l’Eglise, du pape lui-même. Il suffit de lire la presse du « Monde » entier. Est-ce que le « New York Times », le « Los Angeles Times », la presse britannique, la presse chinoise, la presse indienne se sont donné le mot pour conspirer contre la France ; ou est-ce que ces presses-là disent le profond rejet, voire le dégoût qu’inspire cette politique-là ? Pour vous, elle est « indigne ». C’est une politique indigne. Deuxièmement, est-ce que cette politique est efficace ? Peut-on même qualifier cette politique de sécurité ou de sécuritaire ? En aucun cas, c’est une stratégie électorale. Cette politique n’apporte rien à la sécurité quotidienne des Français ; ce n’est pas d’ailleurs son objectif, elle n’a pas vocation à être appliquée. Cette politique, elle a pour but d’activer le clivage entre la Droite et la Gauche ; et là, je m’insurge parce que la Droite française, ce n’est pas ça. Moi je suis issu de ce qu’on appelle la Droite comme gaulliste. Est-ce que les Gaullistes se retrouvent dans cette politique ? Est-ce que les Démocrates chrétiens se retrouvent dans cette politique ? Est-ce que les Catholiques sociaux, les Catholiques de Gauche, se retrouvent dans cette politique ? Tout ça n’est pas l’esprit de la politique française. Ce n’est pas l’esprit de la France. Troisième question : est-ce que cette politique n’est pas dangereuse ? Alors là, je dis oui. Oui, cette politique est source de troubles et d’insécurités parce qu’elle divise les Français. Vous voyez bien que nous sommes là dans une dérive qui est lourde de conséquences et qui ne concerne en rien la sécurité parce que si nous voulons, et je suis favorable à une politique de sécurité renforcée dans notre pays, nous avons vu combien et beaucoup grâce à Nicolas Sarkozy de 2002 à 2007, nous avons marqué des points en matière de sécurité. Et depuis 2007, eh bien les choses sont plus difficiles parce que nous sommes dans une nouvelle période avec des violences de plus en plus fortes et de plus en plus jeunes. Ca implique d’utiliser les bons outils. Mettons en place une véritable politique de proximité tirant les leçons de l’échec de la Gauche dans ce domaine avec les unités territoriales de quartier ; faisons en sorte d’activer des outils comme les groupements d’intervention régionaux ou départementaux, menons une vraie politique éducative avec un Corps d’enseignants spécialisés dans les zones sensibles. Il y a des outils, ces outils, encore faut-il désirer vraiment les mettre en œuvre. En tout cas, les mots que vous employez ce matin sur RTL sont clairs, Dominique de Villepin : politique inefficace, dangereuse, indigne. Plus aucun accord n’est possible, selon vous, avec le Président Nicolas Sarkozy. Mais je ne suis pas un homme d’extrêmes. Que cette politique fasse le jeu de l’extrême droite, je le regrette fortement. Cette politique n’est pas la politique de la Droite et ce n’est pas l’intérêt de notre pays. Rappelons-nous, monsieur Aphatie, parce que c’est important ; rappelons-nous : nous sommes en 2010 dans une rentrée très difficile. Il y a 600.000 Jeunes qui rentrent ces jours-ci sur le marché du travail et qui pour beaucoup ne vont pas trouver d’emploi ; nous avons un déficit colossal ; nous sommes à la recherche de plusieurs milliards d’euros. Nous devrions être tous ensemble en train de nous atteler aux vrais problèmes y compris ceux de la sécurité ; et que faisons-nous ? Eh bien, nous recherchons des bouc-émissaires, nous dénonçons des populations, là où il faudrait – au contraire – être mobilisés avec tous les outils. Je me mets à la place des policiers, des gendarmes. Je me mets à la place des préfets, des ambassadeurs. Je peux vous dire que leur malaise est très profond. Ils ne croient pas à l’efficacité de cette politique, pas plus d’ailleurs que la plupart des ministres du gouvernement. Souhaitez-vous que l’action de Nicolas Sarkozy à la tête de l’Etat cesse en 2012 ? Je souhaite que l’action de Nicolas Sarkozy redevienne sereine, qu’elle redevienne une action au service des Français de l’intérêt général et je souhaite que les Français en conscience, fassent le choix qui est le leur pour 2012… Pourriez-vous soutenir… … En ce qui me concerne, je ne pourrai certainement pas soutenir la poursuite d’une politique que j’ai qualifiée dans ce domaine précis d’indigne, d’inefficace et de dangereuse. Mais enfin, vous savez, il arrive que la grâce puisse survenir de la même façon que je souhaite que le ministre de l’intérieur en rencontrant André XXIII puisse comprendre que cette politique n’en est pas une, c’est une politique électorale, c’est une stratégie électorale, ce n’est pas une politique de sécurité. On ne peut pas dire à la fois, Dominique de Villepin, que la politique est indigne et puis, imaginez que la grâce puisse revenir ; quand on dit que la politique est indigne, on coupe les ponts. Vous le savez comme nous ? Au cœur de toute foi, il y a l’espérance, monsieur Aphatie. Mais quand on parle d’indignité, tout de même ! Celui qui reçoit le mot doit se dire que… Tout le monde peut être relevé ; il n’y a pas de fatalité à ce que la France soit abaissée comme elle l’est aujourd’hui. Vous évoquez dans le journal « Le Monde », donc dans la tribune que vous avez signée hier, un devoir de préparation de l’alternative politique qui s’impose... Républicaine. Oui, je ne sais pas… Je parle d’alternative républicaine. Incarnez-vous, aujourd’hui, cette alternative républicaine, Dominique de Villepin ? Tous ceux qui ont une conscience, tous les responsables politiques qui prennent leurs responsabilités ont vocation à la préparer mais j’estime puisque nous parlons de politique de sécurité que vouloir enfourcher une politique qui n’a pas l’objectif, qui n’a pas le but, qui ne se donne pas les moyens d’améliorer la sécurité des Français, eh bien c’est aller dans le sens d’une impasse. Donc je suis pour que l’on revienne à la réalité. Le déni de réalité dans lequel s’est installé malheureusement, à bien des égards, ce gouvernement, fait que les Français souffrent aujourd’hui des faillites, des échecs de cette politique. Vous avez dit au passage, Dominique de Villepin, que la plupart des ministres ne croyaient pas à l’action engagée par Nicolas Sarkozy en matière de sécurité. Beaucoup, beaucoup. Qu’est-ce qui vous permet de le dire ? Eh bien écoutez, d’abord, vous-même, les uns et les autres…. Il suffit… Non, non, non… … Il suffit d’écouter les radios ce matin… Si vous le dites au micro de RTL, c’est que vous devez bénéficier d’autres sources… … Et puis j’ai un certain nombre de contacts, je rencontre un certain nombre de ministres qui sont malheureux et mal à l’aise. Des ministres qui sont aujourd’hui au gouvernement partagent le constat que vous faites de l’indignité de la politique suivie ? Oui, dans l’ombre ; malheureusement, ils ne le disent pas ouvertement, ne pourraient pas le dire ouvertement ; mais ils sont malheureux et mal à l’aise avec la politique qui est menée. Certains journalistes s’étonnent, ce matin, du silence du Premier ministre. Vous avez des indices qui vous permettent de penser que le Premier ministre fait partie de ces gens qui n’approuvent pas le discours du Président de la République en la matière ? Je pense que François Fillon, qui est un homme de qualité, ne peut pas être très à l’aise avec cette politique-là ; je pense que la Garde des Sceaux, qu’on n’a pas beaucoup entendue, ne peut pas être très à l’aise avec cette politique-là. Je crois que d’une manière générale, cette politique n’est pas celle de la France et n’est pas l’intérêt du gouvernement. On essaie de comprendre votre démarche politique, Dominique de Villepin… Elle est assez simple et assez claire, monsieur Aphatie. Vous employez des mots très durs, vous en tirerez sans doute des conséquences. Assez curieusement, vous avez fait savoir à la fin juillet que vous aviez renouvelé votre adhésion à l’UMP… Il n’y a rien de curieux. Alors là, on a du mal à comprendre ? Pas du tout, mais c’est très simple. J’ai dit ce matin que la Droite française ne pouvait pas se retrouver dans la politique qui est menée. J’ai toujours pensé que ma famille politique d’origine qui est l’UMP n’avait pas vocation à être tirée vers l’extrême droite comme elle l’est aujourd’hui ; et le combat, j’entends le mener et au sein… Vous en tirez des conclusions ? J’en tire les conclusions. C’est que le combat, il faut le mener encore plus fortement. Je le dis dans ma tribune : préparer une alternative républicaine, c’est vrai ; au sein de la Majorité c’est vrai, en dehors de la Majorité. Vous savez, je suis un homme qui ne se divise pas. Je mène le combat à l’intérieur, et je mène le combat à l’extérieur. Mais vous restez membre de l’UMP ? Et je suis toujours membre de l’UMP, monsieur Aphatie, et serein. Vous convenez que tout ça n’est pas facile à comprendre ? Tout ça ! Mettez-vous à la place des électeurs de l’UMP, vous pensez vraiment qu’ils se retrouvent dans la politique à mener. Vous pensez qu’Alain Juppé, que Jean-Pierre Raffarin est à l’aise avec cette politique, Jacques Chirac membre de l’UMP. Vous pensez qu’ils se retrouvent dans cette politique-là ? Non, monsieur Aphatie. Le combat, il faut le mener partout et c’est ce que je demande aux Français. Il faut que les consciences se mobilisent. Et vous serez candidat en 2012 ! Ca, c’est vous qui le dites, monsieur Aphatie. C’est moi qui l’ai dit. Dominique de Villepin était l’invité de RTL ce matin. 18 commentaires sur “Dominique de Villepin sur RTL le 24/08/2010”Laisser une réponse |
AGENDA
ACTUALITÉS / REVUE
LE PROJET
LETTRE D'INFORMATION
DÉBATS
DV DISCOURS
NOS AXES DE RÉFLEXIONS
NOS POSITIONS
RUBRIQUES
|

La stigmatisation de diverses populations (Roms, Arabes etc …) voulue par Nicolas Sarkozy consiste à considérer que ce qui compte dans un acte de délinquance, c’est l’origine ethnique du délinquant, et non l’acte en lui-même.
Qui peut sérieusement penser qu’au moment du tuer un policier, un citoyen Français naturalisé hésitera s’il sait qu’il va perdre sa nationalité Française ?
Ces provocations sont un nouveau rideau de fumée cachant la crise et les affaires.
Ce qui est grave dans la politique du Président, c’est le coté « vindicte populaire » lancé contre certaines communautés, qui plus est, en période de grave crise économique et sociale où il est toujours facile de désigner des boucs émissaires comme responsables de tous nos maux.
Si la France a perdu 600 000 emplois en 1 an, les Roms n’y sont pour rien, pas plus que les Arabes.
Si le Pouvoir a multiplié les déficits par 3 en 3 ans, les Roms et les Arabes n’y sont pour rien.
Si la France perd des parts de marché dans le monde dans des secteurs où elle est forte, comme le nucléaire et bientôt dans la construction navale (cf dossier Mistral), les Roms et les Arabes n’y sont pour rien. Il vaut mieux chercher du coté des responsables politiques au pouvoir, leur incompétence, leur véhémence et leur arrogance.
Si l’insécurité augmente depuis 2007, c’est avant tout par l’échec d’une politique du tout sécuritaire, tout aussi stupide qu’une politique de stricte prévention sans répression.
Dominique de Villepin a raison de s’insurger contre cette dérive. « Quand la France a peur, ce n’est pas la France » clamait-il le 19 juin 2010. Au bout du compte, les Français lui donneront raison.
L’homme de la providence pour la Françe, c’est Dominique De Villepin: il est à mon sens le seul à pouvoir redorer le blason de la Françe. Il n’y plus de véritable politique menée qui réponde aux soucis des Français, seulement de la gesticulation politicienne. C’est vraiment triste pour la Françe d’être descendu aussi bas. Il faut un réel sursaut citoyen.
Revenons tous aux fondamentaux de notre République.
Tous avec Villepin.
Dans votre interview, Monsieur de Villepin, vous trouvez les mots justes sans pour autant qualifier « l’été 2010″ de dérive autocratique dans tous les domaines, bien au delà de l’insécurité qui est un rideau de fumée pour cacher le reste tout aussi anti-démocratique. Il est normal que le regard du monde soit des plus sévères envers notre pays.
J’attends désespérément la démission de Monsieur Fillon, démission de son plein gré.
Le silence de certains leaders de la droite traditionnelle, gaulliste, modérée, humaniste est assourdissant. Silence complice ? Je n’ose le croire.
Clairement dit, le bilan de N S n’est pas bon et les échéances proches plus que difficiles.
C’est dès maintenant que ces Messieurs et Dames devraient se réveiller….
Je ne suis pas persuadé qu’écrire « André XXIII » soit correct. Le nom de l’archevêque de Paris est André Vingt Trois.
Pour le reste, sur l’analyse, je suis tout à fait d’accord avec Michel LECLUSE.
Le seul bémol que j’apporterais concerne cet indéfectible et pour moi incompréhensible attachement de Dominique de Villepin à « la Maison Bleue ». L’UMP née d’une série d’unions contre nature est avant tout une machine électorale. Elle n’est pas une famille politique, en tout cas ce n’est pas la mienne ni, je n’en doute pas, celle d’un grand nombre de personne qui veulent croire en République Solidaire.
JULIEN
Julien,
Comme vous, je pense que Dominique de Villepin devrait rompre avec l’UMP, quitte à y revenir le jour où cette organisation se réveillera.
Je pense que cela n’est qu’une question de temps. L’essentiel rest que le fonds ne varie pas. La Tribune du Monde est dans la droite ligne de son discours de la Halle Freyssinet du 19 juin 2010.
Quel bonheur que d’écouter Dominique de Villepin ce matin. La Halle Freyssinet le 19 JUIN, une Tribune dans le Journal Le Monde, et cette émission sur RTL aujourd’hui : le même discours. Le Général de Gaulle, de Là Haut, doit être fier de vous Monsieur le Président de République Solidaire. Gardez le cap, et qu’importe ces petis chefaillons qui vous méprisent aujourd’hui. Nous sommes déçus, extrêmement déçus de ne pas avoir entendu Mme Simone VEIL nous dire ce qu’elle pensait de la politique ultra sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Aurait-elle oublié ce qu’elle et sa famille ont enduré pendant la dernière guerre mondiale ? Nous, en tout cas, ne vous oublierons pas. Membres de votre mouvement, et fiers de l’être, vous pouvez compter sur notre aide.
Les partis politiques sont devenus depuis longtemps des machines électorales; c’est le cas notamment des EU, la plus grande « démocratie » du monde.
CdG lui-même, dont la légitimité était immense, a voulu s’appuyer sur un parti quand il est revenu au pouvoir, tout en déclarant tout son mépris pour le système des partis dont il avait tant souffert puisque le système l’avait jeté.
Une famille, c’est autre chose…
Certes, l’UMP est une « confédération » dotée d’un habillage idéologique convenu. C’est surtout « une machine » tenue.
J’aurais préféré que DdV quitte l’UMP pour se démarquer et également qu’il ne prenne pas la Présidence de RS pour rendre « le rassemblement » moins partisan. Il a fait ni l’un ni l’autre. Nous avons donc un pied dedans, un pied dehors, ce qui n’est pas la situation la plus aisée à vivre et à expliquer.
Le silence »officiel » du PS est a priori « étonnant » car le terrain des droits de l’homme est « sa propriété » traditionnelle. La machine a ses raisons.
Pour gagner en 2012, il ne faut pas avoir raison mais réunir dans la soirée d’une journée de mai plus de 50% des voix sur son nom. C’est un long chemin quand on par du sous-sol prêté d’un immeuble du 4éme arrondissement de Paris.
A l’exercice de la séduction succédera l’exercice de l’autorité. Ce sont des genres différents.
Ch.C
Je suis complètement en osmose avec les idées de Mr de Villepin. Par contre, je ne peux cautionner qu’il ait de nouveau adhérer à l’UMP qui représente par ses idées tout l’opposé de la politique générale de Mr de Villepin.
Ce seul fait pourrait empêcher Mr de Villepin de décoller dans les sondages et pourquoi pas dans les urnes!! Quel dommage!!!
Doublement en accord avec Monsieur Dominique de Villepin, le gouvernement de la France n’est pas la France, Le gouvernement n’est pas l’UMP, les français devraient-ils quitter la France alors qu’ils sont en grande majorité en désaccord avec les dits et faits de ce gouvernement, donc je ne vois pas pourquoi Monsieur Dominique de Villepin devrait quitter son parti l’UMP, bien au contraire, faire entendre sa et notre différence au sein de même de L’UMP
A ce jour nous n’avons guère entendu les positions
du secrétaire Général de L’UMP Xavier Bertrand …
Comme il est dit sur ce post ci dessous
Revenons tous aux fondamentaux de notre République avec Monsieur de Villepin
Je pense que « gino » a raison.
En tous cas Merci Mr de Villepin. Pour l’instant ce ne sont que des paroles, mais cela montre au moins que dans notre pays, on croit encore aux valeurs de notre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui furent un modéle dans le monde.
je suis tout à fait d’accord avec la plupart des commentaires qui sont faits sur les déclarations de M. de Villepin. Depuis que M. Sarkozy a été élu président de la République, il a mis en oeuvre beaucoup des actions et des politiques contraires ou, pour le moins, différentes de ce qu’il avait annoncé au cours de sa campagne électorale. Il ne peut pas évoquer une quelconque méconnaissance de la réalité économique, financière et sociale de la France puisqu’il avait occupé juste avant plusieurs postes ministériels qui le confrontaient quotidiennement à ces difficultés. De plus, il était à la tête de l’UMP. En fait, son action et sa politique n’ont fait qu’aggraver cette réalité. M. de Villepin devrait prendre plus de recul avec l’UMP en se mettant « en réserve » de ce mouvement multiforme, informe et difforme. Je ne comprends pas qu’il puisse dire que certains ministres et députés sont malheureux de ce qui se passe, car non seulement ils n’ont pas le courage de le dire eux mêmes, de plus ils semblent ne pas oser se démarquer en se mettant eux aussi « en réserve », selon le cas, du gouvernement ou du mouvement. Que craignent-ils ? Ils préfèrent faire faire des grands écarts et de douloureuses contorsions à leurs idées pour conserver une parcelle très illusoire de pouvoir (illusoire parce qu’en définitive, c’est M. Sarkozy qui concentre tous les pouvoirs de l’Etat et de la République entre ses mains). Je me mettrai et je me battrai aux côtés de M. de Villepin à partir du moment où il aura définitivement réglé ses états d’âme vis à vis de l’UMP. L’on ne peut pas aller éteindre un incendie tout en se contentant de regarder et de désapprouver verbalement le ou les « collègues » pompiers et pyromanes qui mettent allègrement le feu partout où ils peuvent.
Je ne peux pas entendre que des ministres ou membres de la majorité soient « malheureux ou mal à l’aise » avec la politique et les méthodes de Sarkozy. Non, ce n’est pas recevable.
Qu’il y en ait qui, maintenant hors du gouvernement se sentent une âme faussement rebelle et humaniste, c’est certain. Mais tous ces « braves gens » ont porté Sarkozy au pouvoir et ça ne les dérangeait pas plus que ça de défendre pendant la campagne des présidentielles, un ministère de l’immigration et de l’identité nationale ni cet abject débat organisé dans nos préfectures, pas plus que le discours sur l’Homme Africain ou plus récemment cet « espèce de discours » à Grenoble. Ça ne les dérangeait pas non plus, les propos d’un hortefeux, d’un longuet, d’une morano. Ce sont bien ces « malheureux » qui ont permis à Sarkozy de prendre comme première mesure en arrivant au pouvoir d’augmenter son salaire (légal oui je sais) alors qu’une misérable et bien naïve majorité d’électeurs l’avait élu pour qu’il augmente le leur.
Et Fillon n’est pas le malheureux qu’on veut bien décrire. S’il reste aux côtés (en-dessous ou loin derrière) de Sarkozy ce n’est ni contraint ni forcé sinon, lui comme d’autres auraient eu la même position, en tout cas la même dignité qu’un Chevènement face à Mitterrand.
Il reste encore (et c’est heureux) des journalistes qui nous informent sur la « bonne éducation » de cette présidence et de la « bonne gestion » de l’argent du contribuable : la rétribution scandaleuse (légale oui je sais) d’une boutin pour une commission, le portait du très honnête woerth, des trajets en jet privé ou des cigares de secrétaires d’Etat, du coût effarant des dépenses de l’Elysée et de son « grosnavion » à la Air force one.
Il n’est un secret pour personne que j’ai un immense respect et une grande admiration pour le Président Obama…..et pour son épouse. Je ne crois pas l’avoir vu manquer de tenue ni dans une gestuelle ni dans un propos, pas plus que je n’ai vu son épouse se trémousser « parce qu’elle aurait eu chaud », ou dire « sexe » lors d’un dîner officiel, ou s’imposer dans une radio pour défendre l’indéfendable, ou plus ridicule encore : singer Jackie Kennedy.
Même bush qui a reçu une chaussure de la part d’un journaliste, n’a pas répondu par un « casse-toi pauv’con » face à un viel homme, un compatriote, ou un « viens, descends » inacceptable mais surtout tellement facile, bardé de policiers face un petit pêcheur ; avec kärcher et racaille et la mémoire salie de ces jeunes innocents morts dans un transformateur, la loi urgente contre la burqa….et la polygamie si chère à notre pouvoir que fillon somme de respecter en oubliant qu’il faudrait commencer par être respectable.
Après cela, face à cette « tâche de honte sur notre drapeau » n’en déplaise à fillon, on nous demande de la mesure dans nos critiques, on voudrait nous culpabiliser de déraper, de faire de « l’anti-sarkozysme primaire » habilement relayé pour faire taire.
Seulement voilà, nous sommes dans un pays où notre constitution nous garantit la liberté d’expression et de conscience. Aller à l’encontre de ce droit fondamental c’est se mettre hors-la-loi. Cette liberté s’applique aussi bien à un zemmour, un finkielkraut, un frêche, un Villepin, un Tony Gatlif, un Plenel et pour tous les citoyens Français. Notre Justice est là pour condamner ce qui relève de l’outrage.
Cette même liberté s’applique à ce prêtre faussement rebelle avec sa petite prière tellement surjouée pour que sarkozy ait une crise cardiaque. Je constate qu’il n’a pas été inquiété (et c’est heureux) , je me dis juste que le traitement n’aurait pas été le même s’il n’avait pas été ce prélat, s’il avait été bronzé, habitant à la Courneuve comme ce jeune homme de 21 ans face à sarkozy lors de sa visite (en pleine nuit) et qui a été arrêté.
Notre République garantit également la sécurité pour tous ses citoyens, et le premier garant en est le président. Cette sécurité s’obtient avec des analyses, des mesures mises en actes et pas avec la violence inouïe des propos qu’on tente de nous digérer. La première violence est celle-là, celle qui attise pour entretenir ce climat invivable que nos concitoyens subissent.
Ce pouvoir a défendu cette Europe de technocrates allant jusqu’à nier la voix du peuple (référendum) et c’est ce même pouvoir qui se joue de nous en agitant l’expulsion des Roms avant les élections dont l’Europe garantit la libre circulation.
Seulement comment faire quand vous êtes Roms, que vous fuyez les conditions de vie moyenâgeuses que le gouvernement Roumain, entré dans l’Europe maintient ? Comment faire pour nourrir sa famille lorsqu’on vous refuse le droit de travailler ?
Vous feriez quoi vous ?
Que les gouvernements européens se saisissent du problème de ces populations et que chacun penne ses responsabilités au lieu d’exacerber ses électeurs pour obtenir ou conserver le pouvoir et les privilèges qui vont avec.
Ne soyez pas dupes.
Voyez vos propres conditions de vie, vos droits qui diminuent, l’hôpital qui est bradé et tout le service public démantelé alors qu’en tant qu’usagers et contribuables vous avez ce droit absolu de bénéficier de la solidarité nationale, la vôtre.
Qui va relever ces défis ? Qui en a l’engagement sincère ?
Le PS (la gauche nationale qui serait de gauche) ? Ne me faites pas rire !
En tout cas, quelles que soient nos origines sociales, ethniques ou religieuses, les miennes sont algérienne et musulmane. Je ne suis ni Handicapée ni retraitée, je suis mère de quatre enfants et je reste sans emploi, condamnée au foyer, seulement, je refuse d’intégrer ces discours de haine, de division et de manipulation et cautionner par un silence ces dérives dangereuses. J’essaie jour après jour d’œuvrer pour la dignité de chacun et le bien de tous.
Prenons garde, un jour nos enfants nous accuseront.
Radidja JOLIVET
A Dominique de Villepin
Je crois que votre posture est sincère et votre engagement entier. Je crois surtout que vous avez pris la mesure de ce qui se trame dans notre pays.
L’action noble du politique est de guider le peuple.
Beaucoup de nos compatriotes se gargarisent avec les discours de haine, les politiques de rejet et les écrans de fumée, c’est un fait.
Si cette crasse qui comme vous l’avez dit est « une tâche de honte sur notre drapeau » fait écho chez bon nombre de ces bons électeurs, alors il faut s’interroger.
Et ce n’est pas en bradant l’école, en supprimant l’histoire ou la philo, en mégotant sur la littérature qu’on formera des citoyens ayant un sens critique et une intelligence développée.
L’instruction contre tous les obscurantismes, l’instruction contre l’infection des esprits, l’instruction est la base de toute société humaine contre la folie et la barbarie.
L’instruction contre la colonisation des esprits.
Notre pays après avoir été la risée du monde entier est aujourd’hui condamné par les plus hautes instances internationales, et c’est gravissime.
Ce pouvoir a tout l’arsenal juridique pour lutter contre les crimes et délits qui empoisonnent nos compatriotes, il a les pleins pouvoirs pour gérer la France et améliorer nos conditions de vie ; Eh bien qu’il le fasse ! Seulement pour faire, il faut de la volonté politique et des compétences et ce n’est pas FAIRE que de promettre, agresser, stigmatiser, manipuler, violenter.
Une loi urgente contre la burqa, des sans-papiers exploités par nos grandes entreprises, des Roms expulsés, des Noirs et des Bronzés que la France ne reconnaît pas comme ses enfants et qui fait mine de s’étonner de leur révolte bien légitime, des retraités et des chômeurs niés dans leurs droits et qui plongent chaque jour un peu plus dans la précarité… et vous avez tout pour ce que ce soit explosif. Il est grand temps que cette imposture cesse.
La politique du bouc émissaire de Nicolas Sarkozy me donne les larmes aux yeux. Heureusement la critique de cette politique par les hommes d’ église comme la tribune du « Monde » de Dominique de Villepin me réchauffe le coeur.
Tenez bon M. le Premier ministre, les milliers de militants de république solidaire se battront jusqu’ au bout à vos cotés.
La politique est un art et je constate qu’il n’y a plus d’artistes en France.
L’on dit souvent qu’un patron a les ouvriers qu’il mérite, je pense que les Français ont les politiciens qu’ils méritent. La nation forme des politiques qui s’avèrent incapables de maitriser les règles de base de la comptabilité et de la stratégie financière à adopter dans un monde de plus en plus concurrentiel.
Il est vrai que la France est en mauvaise posture et depuis bien longtemps!! (35 ans)
Sarkozy n’est pas responsable de tous les maux, allons demander des comptes à la gauche française et la situation sera éclaircie. Mes compatriotes ne devraient pas ignorer les réalités quotidiennes (chômage, éducation, recherche, sécurité, patrimoine, rayonnement de la France dans le monde).
Tout va mal dans le pays de DIDEROT et un jour il faudra que les générations d’après-guerre paient la note et pas seulement financière pour les esprit limités!!!!!
Pire encore, le peuple français n’est même plus républicain et nous sommes en fin de cycle. Ca, c’est la vérité!!!!!!!!
Français, arrêtez de faire confiance aux menteurs de toute tendance!!!!!
Je voudrait que les civils reprennent le flambeau!!!
Il y a assez de gens compétents dans les entreprises pour se lancer dans la politique et sortir la France de l’ornière!
Ne rêvez pas: il nous faudra 50 ans pour en sortir!!
Nous avons tout perdu pour enrichir davantage certains de nos compatriotes et autres, il faut tout reconstruire et rétablir les comportements de nos anciens désavoués en 1968!!
La France ne peut se soustraire aux volontés de ceux qui ne partagent pas son destin!!!
Tout a été dit sur comment fonctionne le pouvoir en place : escroquerie intellectuelle, brutalité, mépris et absence de résultats délibérée. Je ne parlerai même pas de l’image de notre pays donnée au monde entier.
Seulement je suis inquiète. Jamais je n’ai ressenti un tel malaise et une telle frilosité de la part de nos concitoyens, hélas trop nombreux. Inquiète mais pas totalement désespérée.
Je veux vous dire ici non pas ma colère qui demeure mais mon effarement et ma tristesse face à cet aveuglement. Dans un précédent commentaire, j’évoquais le besoin vital d’instruction, cette connaissance qui nous éclaire et nous guide mais il n’a jamais été dit que l’érudition empêchait la bêtise et la malhonnêteté. Nous en sommes là : nous nous abrutissons devant le jt, nous ne réagissons même plus et nous jouons à nous faire peur. Nous ne raisonnons plus, enregistrant les images choc et les discours dont la brutalité inouïe font jouir les plus frustrés d’entre nous.
Il n’est donc pas étonnant qu’ après tant d’années de conditionnement ces mots qui m’effraient toujours, puissent germer et plonger notre pays dans un chaos tel qu’il m’est aujourd’hui bien difficile d’imaginer ou du moins espérer un sursaut républicain, en tout cas avant 2012.
Il n’y a pas un jour qui passe sans que j’entende dans la rue, dans un magasin ou dans les transports en commun les mots racaille, kärcher, roms, « ingériens », délinquants, terroristes, allocations familiales qui seraient versées par millions d’euros pour des millions de polygames semble-t-il ou bien des hordes de barbares qu’il faudrait expulser.
Entre nous, très honnêtement, vous vous faites agresser tous les jours à chaque coin de rue par « eux , ces gens-là » ? Vous avez pour collègues ou pour voisins de pallier « eux, ces gens-là » ? Et pourtant, j’entends toujours : « eux, ces gens-là » et je vois toujours la même méfiance face à « eux, ces gens-là ». Nous nous devons la vérité et la réalité de notre quotidien c’est que nous suspectons tout ce qui nous est « étrangement » différent.
Il est bien clair pour moi que je ne veux en aucun cas minimiser voire occulter la douleur de nos concitoyens qui souffrent, ceux qui ont été agressés, violentés, volés, insultés car cette réalité a été la mienne mais je refuse les raccourcis bêtes et méchants, mon agresseur comme ceux de ma fille faisaient partie du corps traditionnel français cher à longuet, mon mari ne porte en rien les fautes de sa « filiation » si je puis dire. Il est né de parents bien « Gaulois » et moi de parents Algériens, ça n’est ni un défaut ni une qualité, nous n’avons pas à en être fiers ni en aucun cas à en être honteux. C’est peut-être pour toutes ces raisons que je n’admets pas les préjugés ni me faire interroger en permanence dès le premier abord sur mes origines comme la traçabilité d’un vulgaire morceau de viande. Je ne laisse rien passer.
Il est bien évident que je n’écris pas pour me plaindre, je plains plutôt tous ceux qui sont dans cette misère intellectuelle et je le répète, en écoutant certains élus, journalistes et philosophes : l’amassement de connaissances qui délivre des diplômes et permet d’afficher une réussite sociale et son illusoire pouvoir n’empêche en rien la stupidité et la cruauté gratuite.
Mais pour changer notre regard il faut s’habituer à voir autre que son nombril.
Un autre regard, c’est certainement ce que nous laisserons à nos enfants.
Radidja Jolivet
Je partage l’analyse de Dominique de Villepin.
Salutations.