« Il est urgent de revenir aux fondamentaux : la défense de la République, de la Nation, de l’Etat » (Metro)
Vous avez passé neuf heures au salon de l’Agriculture mercredi. Vous êtes préoccupé par la crise qui frappe le secteur ?
C’est la crise la plus grave des dernières décennies. Quand je vois l’inquiétude des agriculteurs, la dégradation de leurs revenus, je me dis qu’il y a urgence. Il faut régler le problème de la variation des prix, qui introduit une instabilité dans la vie des agriculteurs, mieux réguler les marchés, et faire en sorte que les normes environnementales soient soutenables. D’ici à la fin de l’année, la Loi de modernisation agricole devrait permettre d’apporter de premières réponses. Mais il y a un impératif : l’engagement au plus haut niveau de l’Etat. Le président de la République, compte tenu de l’enjeu européen et mondial que représente notre agriculture, doit s’engager personnellement. La polémique sur son absence à l’ouverture du Salon de l’Agriculture est stérile. Ce qui compte, c’est qu’il y vienne samedi et annonce des mesures fortes comme la réunion d’un conseil européen exceptionnel sur l’agriculture.
Les élections régionales se présentent mal pour la majorité. Vous craignez un vote sanction?
C’est un risque dans un contexte de difficultés économiques et sociales. C’est pour cela qu’il me paraît essentiel de tout faire pour recréer un pacte de confiance entre les Français et les élus. Je mets tout en haut de l’agenda l’exigence de justice sociale. On ne peut pas obtenir la confiance si les efforts ne sont pas justement répartis ; ça veut dire par exemple suspendre le bouclier fiscal, créer une nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu pour les plus riches ou encore élever l’impôt sur les sociétés, pour les banques et les plus grandes entreprises.
Vous avez le sentiment que la politique menée depuis 2007 a divisé les Français ?
Nous avons besoin de sens et de perspectives, or les priorités n’ont pas été suffisamment définies. Des réformes tous azimuts ont été engagées, en dispersant souvent notre énergie. Est-ce qu’il faut en même temps se battre sur l’exonération des heures supplémentaires ou sur le travail le dimanche, se diviser sur une énième réforme de la Justice ? Ou est-ce qu’il ne faut pas concentrer nos efforts sur les quelques réformes centrales ? Pour moi, trois domaines sont prioritaires : l’emploi, la compétitivité et la lutte contre les déficits. Recréer les conditions de la confiance implique une mobilisation générale. Il faut donc privilégier des réformes à fort consensus, et laisser de côté, en attendant des jours meilleurs, les domaines très clivants entre la droite et la gauche.
Quelles leçons le gouvernement devra-t-il tirer en cas d’échec aux régionales ?
La première, c’est une exigence de responsabilité. Nous sommes à deux ans des échéances présidentielles. Dans une période difficile, rien ne serait pire que de rentrer dans une logique électoraliste et politicienne dès le lendemain des régionales. Or, c’est le risque. Il faut un gouvernement rassemblé, cohérent et capable de travailler efficacement jusqu’au dernier jour. La deuxième, c’est de ne pas agir dans la précipitation. Je me réjouis d’ailleurs que le chef de l’Etat ait choisi d’éviter le passage en force sur la réforme des retraites, pour la meilleure concertation possible.
Que pensez-vous des polémiques qui entourent la campagne des régionales?
Il est toujours dommage de voir une campagne électorale sombrer dans la petite phrase ou dans le procès d’intention, surtout lorsqu’il existe autant de sujets d’intérêt général. La politique ne doit pas se placer sur ce terrain-là, et ce constat est valable pour la droite comme pour la gauche. Il faut veiller à ce que de tels excès n’offrent pas un terreau favorable à la montée des extrêmes. Je pense qu’il est urgent de réagir, et j’espère que les dix derniers jours de campagne seront davantage à la hauteur des attentes des citoyens.
Quelle est la nature de vos rapports avec l’UMP aujourd’hui ?
J’ai une position singulière au sein du parti, qui est notamment d’appartenir à la famille gaulliste. Très tôt et de façon claire, j’ai pris mes distances avec certaines orientations du quinquennat, notamment avec le déséquilibre institutionnel qui explique à mon sens une partie des difficultés et des blocages actuels. A mes yeux, les institutions supposent un président actif certes, mais travaillant main dans la main avec un Premier ministre et un gouvernement forts capables de mobiliser tous les leviers de l’Etat au service d’une vision.
Il est urgent de revenir aux fondamentaux, la défense de la République, de la Nation, de l’Etat. On ne peut pas se couper des aspirations du peuple Français, comme cela est malheureusement le cas aujourd’hui. Et c’est pourquoi je veux proposer une alternative à la politique menée qui ne donne pas assez de résultats. Ainsi en matière d’emploi j’ai mené entre 2005 et 2007 une bataille qui a permis de créer 600 000 emplois. De même, nous avions réussi à réduire le déficit public de 20 milliards d’euros en deux ans. Je ne crois pas qu’il n’y ait qu’une seule voie possible pour la majorité.
Le club Villepin a-t-il vocation à devenir un parti politique ?
La route n’est pas encore tracée, mais il est vrai que nous souhaitons compter chaque jour davantage. Pour peser davantage, mieux défendre nos idées, inscrire notre action dans la durée et augmenter nos moyens, sans doute faudra-t-il faire évoluer le club Villepin en un véritable mouvement politique. J’entends rassembler tous ceux qui souhaitent servir l’intérêt général sans aucune exclusive.
Quand comptez-vous faire part de vos intentions pour 2012 ?
Ce serait absurde de s’engager dans une campagne présidentielle prématurée alors même qu’il y a tant de défis à relever. Ce que je souhaite c’est que les deux dernières années du quinquennat soient utiles aux Français. Au lendemain des régionales il faudra tirer avec lucidité les leçons et faire des propositions utiles et concrètes pour les Français.
Vous imaginez des alliances possibles, par exemple avec François Bayrou ?
Qu’il y ait des échanges et des réflexions très larges c’est une chose, mais j’entends assumer mes choix et mes convictions sans céder à des tentations ou des calculs politiciens.
Ce dont les Français ont besoin aujourd’hui c’est de personnalités capables de porter un message et un projet nourri par l’expérience, l’engagement et la responsabilité.
J’ai eu la chance d’exercer successivement les fonctions de ministre des Affaires étrangères, de ministre de l’Intérieur et de Premier ministre et j’entends mettre cette expérience au service de mes concitoyens.
L’accueil chaleureux qui vous à été réservé lors de vos déplacements sur le terrain doit vous conforter dans vos choix ?
Partout où je vais qu’il s’agisse du Sud-ouest à Bergerac, de Bondy en Seine-Saint-Denis, du Finistère ou encore du Salon de l’Agriculture, j’ai le souci d’être à l’écoute des Français.
La politique n’est pas un travail solitaire, la dynamique politique doit être interactive. Aujourd’hui, il y a une vraie attente et une envie d’autre chose chez les Français. Je sens bien que mon discours à un écho aujourd’hui auprès de nos concitoyens. De fait, cela est motivant, mais non pas pour entretenir une ambition personnelle, mais davantage pour faire bouger les choses, dans un souci d’égalité et de justice sociale pour tous. C’est non seulement enrichissant, mais un véritable plaisir que j’éprouve à travers cet engagement.
Que pensez-vous du projet de réforme de la procédure pénale ?
Je pense qu’il y a besoin aujourd’hui d’une réforme bien plus large pour redonner du sens à l’instruction pénale, pour réfléchir sur le sens de la peine afin que la prison puisse remplir son sens de réinsertion et de réhabilitation et pour avancer sur l’égalité d’accès au service public de la justice.
En ce qui concerne l’avant-projet de loi, deux points m’inquiètent particulièrement. En premier lieu, le statut du juge d’instruction. On peut évoquer sa suppression, et la création d’un juge des enquêtes et des libertés (JEL). Mais cela ne m’apparaît pas satisfaisant, tant que l’on a pas réglé la question de l’indépendance du parquet vis-à-vis de la Chancellerie.
Depuis des années, je plaide pour une rupture totale des liens unissant le pouvoir politique au Parquet, afin d’avoir une justice totalement indépendante et répondant au niveau d’exigence de nos partenaires européens. Deuxièmement, je m’inquiète de la situation des gardes à vue dans notre pays. Nous devons être irréprochables, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. A ce propos, je plaide pour la présence de l’avocat tout au long de la garde à vue (…).
(Métro, 05/03/10)
De bonnes réflexions, un réalisme certes!
Cependant, prière de ne pas faire d’alliance avec le MODEM, Dominique,non pas ça!
Fort nous sommes unis derrière toi et fort nous resterons!
Si le Club doit muer vers un parti, il a vocation a réunir les voix du centre avec une frange à gauche et à droite, de manière très naturelle.
Gardons le cap des positions actuelles et des réflexions dans la proximité gaullienne.
Rendez-vous au rassemblement du printemps!
Dominique de Villepin parle d’un large rassemblement . Il a tout à fait raison. Ecoutons le tous et inspirons nous !
Pas de sectarisme , nous avons besoin de tous pour créer ce mouvement. Ne commençons pas à choisir, à selectionner et à repousser. Les portes doivent être ouvertes à tous ceux qui se reconnaitront dans nos propositions.
C’est également cela être gaulliste. Je le suis depuis plus de 30 ans. Rassembler, rassembler et encore rassembler pour créer ce nouveau parti. Les français ont besoin d’un nouvel espoir crédible pour leur avenir.
Voilà qui est bien parlé!
D’abord en ce qui concerne le bouclier fiscal. Il faut que M. Sarkozy réalise que cette décision a été prise bien avant la crise et ne pas hésiter à la suspendre, sans y mêler d’orgueil personnel, afin d’être plus près des réalités…
Car il y a des injustices qui choquent, des inégalités qui nourrissent la haine et la révolte.
Par ailleurs je vous trouve bien avisé, M. de Villepin de ne point vous mettre trop en avant en tant que présidentiable quoiqu’on a bien noté, avec votre CV, il n’y a aucun doute sur votre compétence!
Vous avez raison Dominique nous avons besoin d’egalité et de justice sociale…
Sur le terrain vous avez de nombreuses sympathisants,et de plus en plus. Chez les gens de gauche et de doite. Continuez, nous sommes toutes et tous deriere vous.
Fatima
J’ai omis de dire que j’aurais aimé partager tous ces articles sur facebook, mais je n’ai pas reussi à la faire, helas
Monsieur DE VILLEPIN Bonjour
Nous n’attendons qu’un seul leader qui puisse redonner la fierté au français et au française. C’est vous Monsieur DE VILLEPIN. Dans la perspective d’une Alternative pour 2012, votre parole a beaucoup plus de poids,de valeur et de vision pour la france et de l’europe que tous les petits discours du Président Sarkozy.l’Europe dès le départ était vouer a l »échec
les politiciens irresponsables de tout bords n’on rien compris a l’èconomie.
les français ont soif d’un leader charismatique, patriote,beau,élégant,intelligent tout celà vous l’incarné .c’est ce qui fait trembler le pouvoir actuel .SVP détachez-vous de cette boite antidémocratique qu’est l’UMP et crééer une structure propre à vous
VIVE LA FRANCE
Marocain aimant la france
Les régionale sont presques « cuites » du « bon » travail, Monsieur le Président … Dominique de Villepin, vous pouvez arriver, la route est libre, la place très bientôt.