« Villepin fait du Chirac au salon de l’agriculture » (revue de presse)
Martine Aubry n’aurait jamais dû rendre visite au Salon de l’Agriculture à Paris en même temps que Dominique de Villepin, mercredi matin. A la différence du président Sarkozy — il se rendra samedi au Salon de l’Agriculture — qui semble prendre les ruminants pour des extraterrestres, les hommes de la terre pour une peuplade aux mœurs étranges et le vin rouge pour un jus de raisin acide, Dominique de Villepin se montre jovial et tout à fait à son aise avec les paysans. Il ne cache pas son allure aristocratique — les agriculteurs lui en savent gré — sans en rajouter. Le costume est élégant, certes, mais fripé juste ce qu’il faut. Un « Monsieur ». Mais un « Monsieur » sympa. Et qui savoure sa popularité. Avant de venir, Dominique de Villepin a bûché ses dossiers agricoles et tient un discours particulier pour chaque filière. La crise terrible que traverse la France terrienne — avec l’écroulement des prix à la production et la cessation d’activité d’un nombre croissant d’exploitations — ne le laisse pas sans voix et proclame comme s’il était encore — ou déjà ! — aux affaires : « Il faut convoquer tout de suite un conseil européen extraordinaire pour poser sur la table tous les problèmes agricoles ». Pendant cette journée passée parmi les agriculteurs qui expriment leur angoisse, Dominique de Villepin confirme qu’il est bien entré en campagne pour la présidentielle de 2012. Avec méthode, il laboure son électorat en vue de prochaines semailles. « Villepin fait du Chirac au salon de l’agriculture » (20 Minutes, Julien Ménielle, 03/03/10) La campagne, ça vous gagne. Dominique de Villepin a choisi d’occuper le terrain médiatico-agricole laissé en jachère par Nicolas Sarkozy. Direction le salon de l’agriculture, où l’absence du chef de l’Etat, qui ne s’y rendra qu’à l’occasion de la clôture de l’événement, a suscité des commentaires acerbes. « Ce salon ne se déroule pas tout à fait comme les autres salons des autres années. Jamais depuis des décennies, la crise qui frappe le monde agricole n’a été aussi sévère », s’est justifié l’ancien Premier ministre ce mercredi matin sur RTL. (…) Dominique de Villepin a donc endossé son costume de chantre de la ruralité, pour une visite marathon qui fleure fort les années Chirac (…). Et la journée, débutée vers 10h promet d’être longue. « Il fait le tour des stands, et nous devrions finir par l’outre-mer, vers 17 ou 18h », estime la porte-parole. Au menu : produits du terroir et croupes de bestiaux, le tout émaillé de prises de paroles politiques. Un détour est d’ailleurs prévu par le stand du syndicat de la FNSEA, selon le Club Villepin. « Tout se passe bien, il est à l’aise au milieu des vaches et des fromages, comme en Bretagne », assure [Brigitte Girardin, présidente du Club Villepin]. Mi-février, l’ancien Premier ministre avait en effet chaussé ses bottes et sa charlotte (…). « Villepin attend les réponses de Sarkozy à la crise du monde agricole » (AFP – France 24, 03/03/10) L’ancien premier ministre Dominique de Villepin s’est offert mercredi un bain de foule à la Chirac au salon de l’agriculture où il appelé Nicolas Sarkozy à prendre des initiatives, notamment au niveau européen, pour répondre à la crise du monde agricole. « Ce n’est pas un salon tout à fait comme les autres car les agriculteurs sont confrontés à une crise sans précédent », a-t-il expliqué, évoquant « la variation des prix et le revenu des agriculteurs ». « Une mobilisation (…) s’impose pour jeter les bases d’une contractualisation entre agriculteurs, producteurs et industriels et trouver la voie d’une nouvelle régulation », a-t-il ajouté, jugeant « indispensable » une « intervention au plus haut niveau de l’Etat ». (…) Entouré de caméras et micros, Dominique de Villepin a discuté avec des producteurs, dégusté du fromage et s’est extasié sur des animaux. (…) Sur les cages contenant les volailles, une pancarte attire l’œil du visiteur: « prix du président de la République ». « Alors, est-ce que vous vous présentez en 2012 ? », lance une passante. « Qu’est-ce-que vous en pensez ? », lui retourne Villepin. « Oui, oui, vous serez le plus beau des présidents », s’enthousiame-t-elle. « Villepin fait du Chirac dans les allées du salon » (Le Point, Ségolène Gros de Larquier, 03/03/10) « C’est une magnifique poule soie ! » Arpentant les allées du salon de l’Agriculture , mercredi, Dominique de Villepin reconnaît sans une once d’hésitation cette race de volaille venue d’Asie. Et pour cause : l’ancien Premier ministre – qui laisse toujours planer le doute sur sa candidature à la présidentielle en 2012 – entend bien montrer son attachement pour le monde agricole. Ainsi, à la manière de son mentor Jacques Chirac, Dominique de Villepin est en visite marathon au salon exposé à la Porte de Versailles, à Paris. Arrivé à 10 heures du matin, il a prévu d’y rester pas moins de cinq heures. « Le monde rural a une importance capitale. Or, aujourd’hui, tous les secteurs agricoles connaissent la crise, que cela soit les fruits et légumes ou les éleveurs. Cela nous concerne tous », insiste Dominique de Villepin, entouré de l’ancienne ministre Brigitte Girardin, présidente du club Villepin et de Marie-Anne Montchamp, députée UMP du Val-de-Marne. En revanche, (…) [il] n’a point croisé le chemin de son ancien directeur de cabinet et ami Bruno Le Maire. Venu à l’aube pour la traite des vaches, le ministre de l’Agriculture est reparti aussitôt le lait tiré. Si, le mois dernier, dans le Finistère, Villepin a visité un élevage porcin , cette fois, le chiraquien était à la rencontre des bovins. Et la visite se fait sur un ton enjoué. « Ça, c’est la France ! » s’exclame-t-il en caressant l’échine d’un énorme taureau en lice pour le concours des plus beaux animaux de l’élevage français. (…) À la basse-cour, où se côtoient les oies, les canards et les poules, Dominique de Villepin ne boude pas son plaisir. À l’aise dans les bains de foule, il va à la rencontre des éleveurs. « Ensemble, nous avons évoqué l’importance de la sauvegarde du patrimoine national auquel appartient l’agriculture », se réjouit Marcel Chastang, le maire d’Époisses (sans étiquette). « C’est une bonne chose que des hommes politiques viennent ici. D’autant plus qu’ils préparent bien leurs visites. Finalement, Villepin tout comme Nathalie Kosciusko-Morizet (secrétaire d’État au Numérique, ndlr), qui est venue la semaine dernière, connaissent aussi bien l’élevage de volailles que moi ! » lance-t-il, avec un brin d’ironie (…). « Villepin rejoue Chirac au Salon de l’Agriculture » (Reuters,Clément Guillou, 03/03/10) Vincent Poussard, conseiller culinaire de la région Aquitaine, a vu passer Jacques Chirac, passé maître dans les bains de foule, au Salon de l’Agriculture et ose une comparaison. « Jacques Chirac, c’était le terroir au coeur du terroir, et Dominique de Villepin, c’est le raffinement au coeur du terroir. Quelqu’un de souriant, agréable, qui pose des questions et qui a mangé », dit-il. Ce qui différencie le maître de l’élève ? Chirac aime la bière, Villepin le vin, dit l’ancien Premier ministre qui a tout de même pris une rasade de houblon. (…) Pour l’instant, il se contente « d’apprendre et de comprendre » les problèmes des agriculteurs. Pour les aider, il promet de « manger, manger, manger ». « Le meilleur conseil que [Jacques Chirac] m’a donné ce coup-là, c’est son coup de fourchette », raconte Dominique de Villepin. « Vive l’appétit, parce que c’est indispensable, en politique comme à table. » A ceux qui évoquaient l’élection présidentielle de 2012, il a répondu : « Avant l’heure, c’est pas l’heure, et les problèmes de la France d’aujourd’hui ce ne sont pas ceux d’une campagne électorale ». « Le show de Villepin au Salon de l’agriculture » (Le Figaro, Bastien Hugues, 03/03/10) Mi-février, Dominique de Villepin prenait fièrement la pose au beau milieu d’une ferme bretonne, un porcelet dans les bras. Image inhabituelle. Quinze jours plus tard, le revoilà au milieu des animaux, s’offrant un bain de foule au Salon de l’Agriculture. Flanqué d’une impressionnante escorte médiatique, l’ancien premier ministre (…) botte systématiquement en touche lorsqu’on compare sa venue – longue de six heures – aux fameuses visites de son mentor, Jacques Chirac. Pourtant bien en pleine opération séduction, Dominique de Villepin soigne plus que jamais sa popularité. L’ancien locataire de Matignon serre des dizaines de mains. Signe des autographes. Se laisse photographier avec plaisir. Adresse des sourires généreux. Prend le temps d’écouter ses interlocuteurs. S’extasie devant les animaux. Accepte volontiers un morceau de fromage ici. Déguste un verre de cidre ailleurs… Du Chirac, dans le verbe et dans le geste. Villepin : « Aller plus loin » (Les Echos, Pierre-Alain Furbury, 04/03/10) Deux semaines après un déplacement dans le Finistère consacré à la ruralité, le dernier chef de gouvernement de Jacques Chirac prend son temps (…) au Salon de l’agriculture. Une journée toute entière à serrer des mains, à caresser les animaux de la ferme et, surtout, à écouter le malaise du monde agricole, dont « l’avenir nous concerne tous ». « L’agriculture, c’est l’intérêt général. » Entouré de sa garde rapprochée et d’un nouveau venu (le député UMP de Mayenne Marc Bernier, furieux de la composition des listes pour les régionales), Dominique de Villepin appelle à la « mobilisation ». « Il faut aller plus loin », insiste-t-il. Il préconise une contractualisation entre agriculteurs, producteurs et industriels et souhaite que la France « pèse de tout son poids », « au plus haut niveau de l’Etat », pour mettre sur pied une « nouvelle régulation agricole » au niveau européen. La critique du chef de l’Etat est implicite, mais Dominique de Villepin prend soin de ne pas trop en faire. Ses proches, eux, s’en donnent à coeur joie. « Lui n’est pas du genre à faire un tour d’un quart d’heure en hélicoptère », insiste le député François Goulard. « Bains publics » (Le Monde, Robert Solé, 04/03/10) Les animaux politiques se bousculent au Salon de l’agriculture, suivis par « une meute de journalistes », précise l’Agence France Presse. C’est le dernier salon où l’on cause, où il faut être vu. Mercredi, ils étaient une quinzaine à arpenter les allées en évitant de se boucher le nez (…), [et] le concours d’endurance a été remporté incontestablement par Dominique de Villepin. L’ancien premier ministre s’est attardé dans ce Salon, meublé comme une cour de ferme. Pour « apprendre », en effet rien de tel qu’un bon bain de foule. L’élève de Jacques Chirac ne s’est pas trop mouillé, répondant évasivement sur son éventuelle candidature en 2012. Mais pas question pour lui de faire trempette : il a passé près de neuf heures entre veaux, vaches, moutons, couvées. Ce nageur débutant a multiplié les longueurs, à la brasse, en dos crawlé, à l’indienne, en papillon ; il n’a pas cessé de plonger, en avant, en arrière, en tire-bouchon… Neuf heures ! Ce n’est plus un bain de foule, mais une cure thermale. « Une tradition républicaine » (Le Figaro, Guillaume Perrault, 04/03/10) (…) Les propos ne sont pas amènes avec Marie-Anne Montchamp qui accompagnait mercredi Dominique de Villepin à la Porte de Versailles. « L’absence de Nicolas Sarkozy à l’inauguration du salon est regrettable, estime la députée UMP du Val-de-Marne, C’est un usage, une tradition républicaine, une responsabilité. » Le salon est, selon elle, « le lieu citoyen où des gens peuvent dire au président : “ça ne va pas”. Et alors, où est le problème ? La République c’est cette relation directe du président avec les Français. » L’ancien premier ministre, moins polémique, a préféré insister sur les devoirs du président de la République. « L’important, c’est qu’un signal très fort soit adressé au monde rural et à l’agriculture, estime Villepin. Le président de la République devra s’exprimer sur la très grave crise agricole que traverse notre pays. Son engagement est aujourd’hui indispensable. Au-delà du choix du moment, c’est ce que va dire le président sur le fond qui est important. » (…) [L'] ancien premier ministre s’est lancé dans un marathon très chiraquien de près de neuf heures de visite. Question d’émulation ? « Non, de plaisir », a-t-il justifié avant d’avaler un morceau de fromage. À ses côtés, quelques proches : Brigitte Girardin, Jean-Pierre Grand, François Goulard, Jacques Le Guen. « Jacques Chirac avait pour coutume de dire qu’une élection ça se prépare à cinq personnes, plaisante Montchamp. C’est quand on est entouré d’une armée mexicaine que le politique “bugue”. » Quant au petit cochon qui rappelait « quelqu’un » à Dominique de Villepin lors de sa visite en Bretagne, « il va très bien, assure Le Guen. On se le réserve pour plus tard. » (…) |
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