Déficit
« Nous dépensons moitié plus que ce que nous collectons (…). Je ne crois pas qu’il y ait de miracle dans ce domaine. Il faut à la fois se fixer une stratégie volontaire et en même temps se fixer une stratégie contraignante ; et donc la politique de laisser-aller n’est certainement pas satisfaisante. (…) Par exemple, les Pays-Bas ont décidé d’avoir un budget de législature [note : durée d'élection du parlement] qui permet dans le temps de se fixer (…) un certain nombre d’objectifs. (…) Nous en pouvons pas nous dissocier [de nos partenaires européens] si nous voulons rester compétitifs. » « Ce budget 2010 est un enjeu majeur. (…) C’est bien sûr un budget de crise, et personne ne peut accuser le gouvernement face aux difficultés qui sont les nôtres de devoir prendre un certain nombre de dispositions qui sont nécessaires. Mais (…) il y a un certain nombre de mesures qui ont été prises à contretemps. Je prends des exemples : le paquet fiscal en 2007 (…), la suppression de la publicité sur les chaînes publiques (…), les restaurateurs (…). » « Je suis pour un budget de combat (…) ça veut dire un effort de vérité (…). Il faut que chacun sache la situation, réelle, financière, de notre pays. (…) Ça implique un effort de justice, si on veut que tous les Français soient rassemblés et soient tous prêts à faire l’effort nécessaire, (…) or on constate que les plus aisés n’apporteront pas leur contribution. (…) Il me paraît nécessaire de suspendre le bouclier fiscal, de créer temporairement une nouvelle tranche d’imposition sur le revenu… ce n’est pas de gaieté de cœur, mais nous savons que nous allons devoir, de façon incontournable (…) augmenter les impôts. (…) Il faut aussi plus de coordination (…), dans un monde mondialisé (…), avec notre principal partenaire, l’Allemagne, et nos partenaires européens. » « Les pays qui repartiront le plus vite seront les pays les moins endettés. Il suffit de regarder nos voisins allemands, ils ont fait le choix de la vertu : ils l’ont inscrite dans leur texte constitutionnel [Note : le déficit fédéral et régional est strictement limité dans la Loi fondamentale allemande]. Il faut que nous ayons la même approche. » « Nous supportons le fardeau d’initiatives idéologiques, l’une de gauche et l’autre de droite : les 35 heures qui coûtent au budget plus de 20 milliards d’euros par an et les 15 milliards du paquet fiscal. (…) Le déficit public, qui a été ramené à moins de 40 milliards en 2006 sous mon gouvernement, aura presque doublé à la fin de cette année. C’est colossal. » 8 commentaires sur “Déficit”Laisser une réponse |
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Peut-on réellement imputer à la crise l’entière responsabilité du déficit de la France?
« Les pays qui repartiront le plus vite seront les pays les moins endettés ».
Malgré l’endettement colossale de la France, le gouvernement maintient le projet d’un grand emprunt. Financer une dette par une dette est-ce viable? (pour ma part je ne le pense pas)
Cette crise, est une crise du travail en fait. Par rapport au début des années 70 on a augmenté constamment les charges reposant sur le travail tout en ouvrant les frontières. Il ne s’agit pas de les fermer, mais d’en prendre acte. Donner 100 E en salaire net à un travailleur en France, il faut vendre son travail à au moins 240 E ( 100 E de charges en plus, soit 200 E et 20% de Tva en arrondissant, cela fait 240 E). Acheter 100 E à un Chinois, et vous vendez son travail à 120 E en France. Déjà notre système fiscal nous pénalise en doublant nos prix. Si on baculait tout sur la consommation, retraites, charges sociales seraient déjà payés de façon identique que le produit soit fabriqué en France ou à l’étranger. Les exportations seraient plus compétitives, …etc…
Le changement ne peut pas se faire de jour au lendemain. C’est une voie qu’il faut explorer en détail.
Il y a ensuite les coûts induits par nos organisations indistrielles. Dans une grande entreprise, même si l’ouvrier de base ne touche que 10 E de l’heure net, il est bien difficile de vendre son travail à moins de 70/80 E de l’heure. Il y a tellement de charges administratives, de frais annexes dans les bureaux, qu’il n’est même plus possible de produire. Gérer la production coûte tellement cher que même si l’ouvrier était à 0 E de l’heure, on ne sait même pas se payer les coûts de facturation.
DV semble avoir la dimension de poser le problème. Y a d’autres personnes qui sont prêtes à investiguer ces voies ? Ce type d’analyse semble fondamental, mais cela ne peut pas se faire à la légère.
Cela intéresse certains ?
Bravo, c’est bien la dette qui hypothèque notre avenir. Il faut faire vite. Sinon, la France n’a pas d’avenir. L’occident arrive au bout d’une logique. Il s’est lancé dans une fuite en avant par l’emprunt. Ces dificits sont financés par la Chine, les pays producteur de pétrole. Nous allons dépendre d’états autoritaires …
Nous avons augmenté depuis 1980 le nombre de fonctionnaire de 2 millions. Avant 1980, la France n’était pas si mal adminisrée …
Bien sur que la dette est un problème grave. Mais on joue à la dînette en ce moment. Fillon vise 1% d’économie par an sur 300 milliards. 3 milliards pour 1500 milliards de dettes , 500 ans pour rembourser ! Et on parle de tout cela sans en rire. En fait c’est la base même de notre système qu’il faudrait revoir. Pourquoi fiscaliser le travail ? Pourquoi ne pas fiscaliser seulement la consommation ? Et lui faire supporter les charges sociales. Les produits importés seraient soumis aux mêmes charges, sociales, fiscales que les produits fabriqués en France. Nos exportateurs seraient plus compétitifs. Et même poussons l’audace jusqu’au bout. Imaginer qu’on remplace la TVA par des taxes sur le Chiffre d’Affaires. La TVA rend l’impôt neutre quel que soit le circuit. Ce fut le thème porteur des années 60. Mais les taxes sur le CA avaient l’avantage de favoriser le circuit court. Du producteur au consommateur. Chaque fois qu’on élimine intermédiaire on gagnait 3 à 5%. La TVA a permis de multiplier les intermédiaires plus facilement. Pour quel gain ? Et c’est un impôt difficile à contrôler donnant lieu à des fraudes multiples. Imaginons d’autres systèmes et surtout imaginons comment passer du système actuel à un autre ? Avec quelles transitions.
C’est dire qu’il est urgent de porter sur notre système un regard global. Une analyse systémique ? On ose ?
C’est cette voie de réflexion que devrait prendre DV pour apporter quelque chose au débat. Réfléchir et conclure !
Jerlau, la France n’aura jamais le même niveau de compétitivité que la Chine (qui rappelons le, est une dictature où la misère ne demande qu’à être exploitée pour survivre). Courir après une baisse des coûts est illusoire. La seule solution à l’exportation est d’être plus innovants que nos voisins en s’appuyant sur l’image positive dont nous bénéficions – parfois sans la mériter quand nos produits et nos SAV sont défectueux. Les patrons de PME peuvent regarder comment et pourquoi leurs homologues allemands réussissent. Par contre je trouve votre idée de mettre les produits importés au même régime que ceux produits en France très intéressante (les libéraux risquant quand même de nous tomber sur le dos, mais après tout il faut être courageux). La deuxième chose que j’ai à dire, c’est que l’élu représente le peuple français. Pas les entreprises, pas les consommateurs (pour ça on a déjà des associations), non, seulement le PEUPLE qui l’a élu (et même celui qui n’a pas voté pour). En conséquence, la logique qui conduit des entreprises à fermer des sites rentables – dans le seul but de contenter des actionnaires – ne peut plus être cautionnée par un État qui prétend lutter pour l’emploi. Je sais que j’ai l’air d’être un dangereux bolchevique mais c’est loin d’être le cas. Le fait est que le libéralisme s’est imposé comme une évidence aux yeux de tous (y compris au PS). Et pourtant on peut être ouvert sur le monde et refuser ce système qui ne conduit qu’à plus de misère.
le rapport de la cour des comptes est edifiant .il fautencadrer les collectivites comme en Allemagne.JERLAU pause un probleme de fond.Notre fiscalite n est plus adapter aujourhui.
Je ne comprends pas qu’à votre niveau, vous puissiez dire et écrire qu’il faut augmenter les impôts .Les experts économiques les plus sérieux français et étrangers sont unanimes : depuis de nombreuses années la France est asphyxiée par sa dépense publique ; c’est le pays où les prélèvements sont le plus lourds en % du PIB. La seule solution raisonnable est une réduction de cette dépense . Une augmentation des impôts est une solution de facilité , révélant l’irresponsabilité de ceux qui la proposent Une telle proposition me paraît incompatible avec une personne qui a été Premier Ministre .